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Terence Hill, 86 ans : Le secret déchirant derrière l’amitié qui a changé le cinéma mondial

Le destin est parfois un dramaturge plus talentueux que les scénaristes les plus chevronnés d’Hollywood. Il ne faut parfois qu’une fraction de seconde, une blessure fortuite ou un quiproquo du sort pour que deux trajectoires parallèles deviennent une légende mondiale. Pour Terence Hill et Bud Spencer, ce moment charnière fut la fracture d’un pied. Un accident domestique insignifiant qui, en 1967, a ouvert la voie à l’un des duos les plus aimés, les plus rentables et les plus authentiques de l’histoire du septième art.

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À 86 ans, alors que les projecteurs se font plus discrets, Terence Hill s’est confié avec une sincérité désarmante sur ce que nous soupçonnions tous : leur alchimie n’était pas une mise en scène, c’était une réalité brutale et tendre.

Une rencontre écrite par les étoiles

Tout commence en 1959. Mario Girotti — le futur Terence Hill — et Carlo Pedersoli — le futur Bud Spencer — se croisent brièvement sur le tournage du péplum Annibal. Ils ne se regardent même pas. Ils sont deux inconnus évoluant dans des sphères différentes. Huit ans plus tard, le réalisateur Giuseppe Colizzi se retrouve dans l’impasse : son acteur principal pour le western Dieu pardonne… moi, pas ! s’est cassé le pied la veille du tournage. Par pur réflexe, il appelle le jeune Girotti.

Lorsque Terence arrive sur le plateau, il ne rencontre pas un collègue, il rencontre sa destinée. “Il m’a souri, a dit ‘Ciao, je suis Carlo'”, racontera Terence des décennies plus tard. Ce fut le début d’une symbiose parfaite. Ils n’étaient pas deux acteurs jouant ensemble ; ils étaient une évidence vivante.

La formule magique : l’opposé comme pilier

Le succès du duo ne résidait pas dans leurs dialogues, mais dans leur contraste physique et émotionnel, une dualité qui fascinait le public. Bud Spencer, le colosse de 1,92 m, diplômé en droit et chimie, était la force tranquille, l’âme d’enfant nichée dans un corps de géant. Terence Hill, avec ses yeux d’un bleu perçant et sa silhouette agile, incarnait le charmeur rusé, le perfectionniste introverti qui peaufinait chaque cascade jusqu’à l’aube.

Leur triomphe avec On l’appelle Trinita en 1970 a redéfini le western, transformant le genre sombre et violent en une comédie burlesque, humaine et accessible. Ils ont pulvérisé les records d’audience non seulement en Italie, mais à travers toute l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine. Ils étaient des demi-dieux, et pourtant, dans leur vie privée, ils restaient des hommes simples, fuyant le star-système pour des dîners autour des spaghettis préparés par Maria, l’épouse de Bud.

Le silence après le fracas

Pendant cinquante ans, ils n’ont jamais eu une seule dispute. Cette statistique, quasi irréelle dans le monde du cinéma, témoigne de la solidité de leur lien. “Avec Bud, c’était simple. On se comprenait sans parler”, confie Terence.

Le 27 juin 2016, la réalité a rattrapé la légende. Bud Spencer s’est éteint paisiblement à Rome, son dernier mot étant “Merci”. La nouvelle a frappé Terence alors qu’il se trouvait à Almería, en Espagne, le lieu même où, près de cinquante ans plus tôt, leur aventure avait commencé. La boucle était bouclée, mais le vide, lui, était immense. “J’ai perdu mon meilleur ami”, a-t-il déclaré, la voix brisée par l’émotion.

L’héritage d’un homme discret

Au-delà du personnage de Terence Hill, il y a Mario Girotti, un homme marqué par la vie, ayant survécu aux bombardements de Dresde enfant et ayant enduré la tragédie indicible de perdre son fils adoptif, Ross, en 1990. Ces épreuves ont façonné le prêtre-détective de la série Don Matteo que les téléspectateurs italiens adorent. Aujourd’hui, à 86 ans, Terence vit entre l’Italie et les États-Unis, cultivant une existence paisible, loin de la frénésie, tout en honorant la mémoire de celui avec qui il a partagé le buggy rouge le plus célèbre du monde.

Terence Hill et Bud Spencer ne nous ont pas seulement laissé des films. Ils nous ont légué une leçon de vie : le succès, la gloire et l’argent n’ont de valeur réelle que s’ils sont partagés avec un véritable frère de cœur. Dans un Hollywood saturé d’egos, leur amitié reste une anomalie magnifique, une preuve que l’authenticité est, en fin de compte, la forme la plus haute de l’immortalité.

Alors que les nouvelles générations découvrent leurs classiques, Terence Hill sourit. Il sait que quelque part, le rire tonitruant de Bud résonne encore. Comme il le dit si joliment : “Parfois, j’entends encore Bud rire.” Et tant que nous continuerons à rire avec eux, ils ne seront jamais vraiment partis.

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