Posted in

Faut-il forcément se prendre un mur pour apprendre à ralentir ? Les confidences bouleversantes d’Alessandra Sublet sur le lâcher-prise

L’image est gravée dans les mémoires cathodiques : celle d’une animatrice solaire, débordante d’énergie, passant d’un succès à l’autre avec une apparente légèreté. Pourtant, derrière les projecteurs de l’émission « C à vous » et les rires partagés avec des millions de téléspectateurs, la réalité d’Alessandra Sublet était devenue un enfer silencieux. « Je chialais dès que je quittais l’antenne. Je disais “Merci beaucoup, c’est à vous, à demain !”, et dès que les caméras s’éteignaient, les larmes coulaient. » Invitée sur le plateau du podcast « Les Lueurs » par Jonathan Destin, l’ancienne star de la télévision, aujourd’hui autrice et conférencière, s’est livrée sans fard sur son parcours thérapeutique à travers le lâcher-prise. Un témoignage universel qui résonne comme un signal d’alarme pour notre époque obsédée par la performance.

"
"

La Porsche lancée à 300 km/h contre le mur de la réalité

Pour comprendre le séisme, il faut remonter à la genèse d’une construction mentale rigide. Issue d’un milieu familial rural et ouvrier, Alessandra Sublet a grandi avec le culte de la valeur travail et une injonction absolue : l’indépendance financière. Pour elle, la liberté s’est rapidement transformée en un besoin viscéral de contrôle, un mécanisme de défense hérité de ses années de voyage en solitaire et de scoutisme. Devenue une figure incontournable des médias, elle a transformé sa vie en une autoroute où la vitesse remplaçait la réflexion.

Mais la vie a ses propres lois, que l’ego ne peut indéfiniment contourner. À 36 ans, cédant en partie à la pression sociale de l’horloge biologique, elle devient mère. Convaincue que sa volonté de fer suffirait à plier la maternité à son rythme effréné, elle s’envoie un tour à vélo de 70 kilomètres à neuf mois de grossesse, sommant sa fille de sortir « à la bonne date ». Le choc de l’accouchement est alors d’une violence inouïe. Victime d’une dépression post-partum sévère, son logiciel de « freak control » explose en plein vol.

« Je n’étais pas prête à souffrir mentalement. J’avais toujours eu un regard très dur sur les gens dépressifs, pensant qu’un simple jus d’orange frais et de la volonté suffisaient pour sortir du lit », avoue-t-elle avec une franchise désarmante. Le déni dure deux mois, jusqu’à ce que son producteur lui impose un arrêt thérapeutique. Le retour aux sources, à l’arrière de la voiture de ses parents, direction la campagne, marque le début d’une longue reconstruction. Il aura fallu ce mur pour qu’elle admette enfin sa propre vulnérabilité.

Déconstruire l’ego : les trois piliers du véritable lâcher-prise

Le lâcher-prise est un terme aujourd’hui galvaudé, souvent confondu avec la passivité ou l’abandon de toute ambition. Pour Alessandra Sublet, ce fut au contraire l’acte le plus courageux et le plus rationnel de son existence. Dix ans après ce premier avertissement, elle prend la décision radicale de quitter définitivement la télévision, alors qu’elle se trouve au sommet de sa carrière et de ses revenus.

Pour réussir ce saut de la falaise sans s’écraser, l’ancienne animatrice explique qu’il faut impérativement aligner trois dimensions fondamentales :

Accepter la décroissance financière : Consentir à gagner moins ou différemment pour acheter sa liberté temporelle et mentale.

Se détacher du statut social : Refuser que le regard des autres ou la fonction professionnelle définissent notre valeur intrinsèque.

Consolider l’estime de soi : Distinguer la confiance en soi (liée à nos actions et réussites) de l’estime de soi (ce que nous sommes profondément).

Pour illustrer ce dernier point, elle convoque une métaphore frappante : « Vous prenez un billet de 20 euros. Vous le montrez, il vaut 20 euros. Vous le froissez, vous le jetez par terre, vous crachez dessus : il vaut toujours 20 euros. L’estime de soi, c’est exactement ça. Quoi qu’il arrive, votre valeur reste inchangée. »

Le mouvement « Slow Motion » : habiter son propre paradis

Aujourd’hui installée face à la mer dans le Sud de la France, Alessandra Sublet décrit sa nouvelle vie comme une expérience en « slow motion ». Un contraste saisissant avec le tourbillon parisien qu’elle a traversé pendant un quart de siècle. « Quand je reviens à Paris et que je vois ce flux permanent, je me demande comment font les gens. Pourtant, j’ai été cette fille-là. Mais aujourd’hui, ma vitesse intérieure est radicalement différente. »

Ce ralentissement volontaire n’est pas une perte d’efficacité, mais une reconnexion à l’instinct et à une forme de spiritualité laïque qu’elle préfère nommer « l’Univers ». Lâcher le volant pour le confier à plus grand que soi devient alors une source de sérénité absolue. Ce changement de regard permet de réenchanter le quotidien, de s’arrêter deux minutes devant une rue pavée fleurie de lilas ou de contempler le mouvement des vagues. « Tout le monde souhaite aller au paradis après cette vie. Mais la vérité, c’est que nous y habitons déjà tous les jours, il faut juste réapprendre à le voir. »

Transmettre pour libérer les consciences

Désormais alignée avec sa voix intérieure, Alessandra Sublet refuse de garder cette paix pour elle seule. À travers ses livres — dont le dernier roman Toi que je n’attendais plus — et ses conférences en entreprise, elle s’est donné pour mission de briser les croyances limitantes et la charge mentale qui étouffent les hommes et les femmes d’aujourd’hui. Elle s’adresse particulièrement à cette immense majorité de personnes dont « tous les feux sont au vert » (travail stable, couple, enfants) mais qui ressentent ce ronronnement douloureux, cette petite voix qui murmure : Tu n’es pas à ta place.

Pour avancer, elle propose deux outils philosophiques d’une simplicité désarmante. Le premier est une hygiène mentale quotidienne : « Je n’ai pas de problème avant qu’ils arrivent. » Une phrase toute simple qui désamorce instantanément l’anxiété par anticipation.

Le second outil est un vieux précepte hindouiste, celui de la calèche :

La route représente les aléas de la vie, les roues sont nos moyens de transport, les bagages symbolisent notre passé. Le cocher est notre mental, le cheval notre élan vital, et le passager à l’intérieur est notre moi profond, notre âme. Si le cocher va trop vite, si le cheval est épuisé ou si les roues sont cabossées, la calèche ne peut plus avancer de manière alignée.

Faut-il donc impérativement percuter un mur à 400 km/h pour comprendre qu’il est temps de ralentir ? Pour Alessandra Sublet, la réponse est un oui teinté de gratitude. Les épreuves ne sont pas des punitions de l’univers, mais des rappels à l’ordre brutaux destinés à nous faire bifurquer vers notre véritable trajectoire. La souffrance d’hier est devenue la lumière d’aujourd’hui : celle d’une femme qui a enfin accepté de ne plus tout contrôler pour s’autoriser, simplement, à vivre.

Disclaimer : This content may be created by AI for entertainment purposes. Any resemblance to real persons, events, or places is coincidental.