25 avril 1975 11h15 du matin. 6 rues 16e arrondissement de Paris. Une ambulance fonce vers l’hôpital Ambroise Paris. Sirène hurlante. À l’intérieur un homme de 28 ans agonise. Son crâne est fracassé. Ses membres disloqués. Les ambulanciers murmurent entre eux la voix tremblante. Ils ont reconnu ce visage qui faisait hurler des milliers de jeunes filles à travers toute la France.
Mike Brant, l’idole, le cowner à la voix d’or, l’homme qui vendait un million de disques par an, l’homme qui il y a quelques minutes à peine est tombé du 6e étage. À 11h40, les médecins de l’hôpital Ambroise Paris constatent le décès. Dans 25 minutes, la France entière va apprendre la nouvelle. Guyux interrompra son émission télé pour rendre hommage.
Des milliers de fans vont sangloter devant leur poste. Les radios vont jouer diluit en boucle. Cette chanson qui sort aujourd’hui même dans les bacs. Une chanson qui se vendra à plus de 500000 exemplaires portés par le chagrin collectif. Mais personne ne sait encore. Personne ne sait que c’est fini.
Personne ne sait que la voix la plus bouleversante de sa génération vient de se taire pour toujours. Dans l’appartement du six rue Herlanger, la police interroge Jeanne Catchi, une amie chez qui Mike a passé la nuit. Elle répète aux enquêteurs, les mains tremblantes, elle était sous la douche, elle n’a rien vu, elle n’a rien entendu. Mais dans l’immeuble d’en face, une voisine s’approche des policiers.
Le visage vide. Elle elle a entendu elle a entendu un cri. Un seul. Un hurlement glacial qu’elle décrira plus tard comme le cri de quelqu’un qui ne veut pas mourir. Non, un mot, une syllabe, le dernier son a produit cette voix qui faisait vibrer l’Olympia. Mais comment en est-on arrivé là ? Comment ce petit garçon né dans un camp de réfugiés à Chypre, ce fils de rescapé d’Auschwitz, cet enfant qui ne parlait pas avant l’âge de 5 ans, est-il devenu l’une des plus grandes stars de France pour finir briser sur le trottoir d’une rue
parisienne un matin de printemps ? Pour comprendre, il faut remonter 28 ans en arrière. Il faut retourner dans ce camp de détention britannique derrière les barbelés là où tout a commencé, là où Brogna Rosenberg et Fel Brand, deux juifs polonais miraculés de l’enfer, vont donner naissance à un enfant dans la nuit du 1er au 2 février 1947.
Un enfant qu’ils appelleront Moché 1945, camp de réfugiés de Ping, Bavière. Brgna Rosenberg peut à peine tenir debout. Elle a 22 ans mais son corps et son âme portent les stigmates d’Auschwitz. Toute sa famille a été exterminée. Son père abattu sous ses yeux, sa mère morte de faim dans ses bras.
Elle-même a survécu par miracle. 4 jours après la libération du campée russe, elle arrive au centre d’accueil des déportés squelettique. Le regard vide. Un soir, lors d’une distribution de soupe, elle trébuche. Un homme s’approche. Fichel Brand, 42 ans, le visage marqué par la guerre. Ancien Makisar, résistant polonais originaire de Biugorage qui a combattu au côté de l’armée russe. Leur regard se croise.
Deux miraculés, deux survivants. Brogna lui sourit faiblement. Ce sourire dans ce monde de cendre frappe Fichel en plein cœur. Il est son aîné de 20 ans, mais peu importe. 4 semaines plus tard, ils se marient. Leur rêve est simple. Rejoindre la Palestine. Recommencer. Oublié. En septembre 1947, ils embarquent sur un navire de l’Aliabète.
C’estes bateaux de l’espoir qui transporte les Juifs vers la terre promise. Le navire prévu pour 40 passagers en contient 200. Tous rêvent de recommencer. Mais les Britanniques qui contrôlent la Palestine mandataire interceptent le bateau en mer. Quota d’immigration stricte, ils sont déroutés vers Chypre, direction le camp de Famouuste.
Des baraquements, des barbelés encore toujours. Bnace, elle va accoucher derrière des barbelés comme à Aushwitz. Le trauma se répète dans la nuit du 1er au 2 février 1947, dans un hôpital de fortune du camp, Bronia hurle. Les douleurs de l’enfantement se mêeltent au souvenir des souffrances passées. Fichel lui tient la main. À cinque heures du matin, un garçon naît quatre kilos et demi, cheveux noirs, yeux bleus.
Il l’appelle Moché Michaell Brand. Un miracle dans un camp, une vie qui jaillit là où règne encore l’ombre de la mort. 8 mois plus tard, en septembre 1947, la famille Brand obtient enfin son visa. Il débarquent à Aifa quelques mois avant la création officielle de l’État d’Israël, le 14 mai 1948. Direction le kibuts gvat en Galilée.
Fichel et Brogia élèvent des poulets, travaillant la terre. Le petit mocher peut gambader, se gaver de fruits et d’œufs, découvrir la nature. Mais très vite, ses parents s’inquiètent. L’enfant ne marche qu’à 19 mois et surtout, il ne parle pas. Il sait rire, c’est tout. Mais aucun mot sort de sa bouche. Un an et demi plus tard, la famille déménage à Aifa, neuf rues Kibuts, Galouyo.
Fichel travaille à la mairie du port. Mochet grandit mais reste muet. Deux ans, trois ans, toujours pas un mot. Les parents vendent une partie de leur mobilier pour consulter des spécialistes aux États-Unis. Le diagnostic tombe comme un cou prêt. Ils ne peuvent rien garantir. Moché parlera peut-être un jour ou peut-être jamais.
Bna accroche une pancarte autour du coup de son fils, prièrent de le ramener s’il se perd à l’adresse suivante. Le petit garçon dessine. C’est son seul moyen de communication. Les autres enfants jouent, crient, se chamaillent. Lui, il dessine en silence. L’ombre d’Auschwitz plane sur cette famille. Bna fait des dépressions à répétition.
Les cauchemars la réveillent en pleine nuit, mais elle ne parle jamais des camps devant ses enfants. Jamais. Le silence règne. Un silence pesant, toxique, qui s’infiltre partout. Et puis, un jour de l’été 1952, le miracle se produit. Moché à 5 ans, un marchand ambulant passe dans la rue avec sa charrette de glace.
Le petit garçon s’approche et soudain il ouvre la bouche. Un mot sort, un seul. Ker glace en hébreu, le premier mot de sa vie. Fichel et Brogna s’agenouillent, les larmes aux yeux. Ils remercient le ciel. Leur fils parle enfin. C’est un miracle. Dès lors, Moché ne s’arrête plus de parler, de chanter, de gazouiller. Si vous avez déjà ressenti ce mélange de soulagement et d’espoir après avoir surmonté une épreuve qui semblait insurmontable, laissez un commentaire.
Parce que pour Brogna et Fichel, ce premier mot de leur fils, c’était bien plus qu’un simple progrès. C’était la preuve qu’on peut renaître même après l’enfer. À hu ans, Moosé entre dans la chorale de la synagogue du quartier. Sa voix est déjà exceptionnelle, pure, bouleversante. Le rabin le félicite après chaque office.
Il imite les crowners américains qu’il entend à la radio. Dean Martin, Bing Crosby, Frank Sinatra. Mais à l’école, c’est une catastrophe. Moché est turbulent, rêveur, imperméable aux leçons. Il préfère le dessin et la musique aux mathématiques. À 11 ans, il est le seul garçon dans la chorale de son école. À 12 ans, il quitte définitivement le lycée. Peu lui importe.
Il a découvert son monde, le champ. Ses parents l’envoient au Kibuts Gêcher dans la vallée du Jourdin à 15 km au sud de Tibériade pour le calmer. Là-bas, Moché cueille les abricots, trait les vaches, s’occupe de la basse cour tout en chantant à pleine voie. Les autres travailleurs s’arrêtent pour l’écouter. Cette voix, cette vibration, une gamme vocale hallucinante.
17 notes en voix pure, plus 10 notes en surigu. À 15 ans, il rentre à Aifa. Il enchaîne les petits boulots. Vendeur de glace, garagiste, réparateur de frigo, gardien au musée océanographique national maritime. Mais le soir, il chante. Toujours, il affirme déjà à son entourage, “Plus tard, je serai vedette”.
Ou clochard en 1962, son frère Cadet Svi, accordéoniste forme un groupe The Chocolates. Il intègre Mochet comme chanteur. Ensemble, ils animent les fêtes familiales, les soirées privées, les cabarets d’Aïfa. Le succès est immédiat. Les gens se pressent pour écouter ce jeune homme de 17 ans qui ressemble à un dieu grec et qui chante comme un ange blessé.
À 17 ans, pour son premier engagement professionnel au night club Rondo de l’hôtel Danne Carmel à Aa, Moché change de nom. Brown se prononce Brant en idish. Moé Brant devient Mike Brant. Le nom est choisi, la star peut naître. Mais avant, il faut qu’il découvre l’amour et l’amour pour Mike sera toujours une malédiction. 1963, Mike Brant a 16 ans.
Il rencontre Sarah Ikovic, sa voisine, hautesse de l’air, 26 ans, 10 ans de plus que lui. Belle, élégante, sophistiquée. Mike Tombe fou amoureux. Pour la première fois de sa vie, il ressent cette brûlure au ventre, ce vertige, cette obsession. Sarah devient tout pour lui. Ils se voient en cachette. Les parents Brand sont furieux.
Cette différence d’âge est inacceptable. Mais Mike ne cède pas. Il répète à qui veut l’entendre : “L’amour n’est pas un calendrier. Pendant trois ans, il s’aime en secret. 3 années de passion dévorante, mais Sarah finit par rompre. La pression familiale est trop forte. Mike est dévasté. À 19 ans, il découvre la douleur de l’abandon.
Cette blessure ne se refermera jamais. Toute sa vie, Mike cherchera à recréer cette intensité, cette fusion, cet amour absolu et toute sa vie, il échouera. En 1968, nouveau coup dur, son père Fichel, son pilier, son modèle meurt d’une crise cardiaque. Il avait 65 ans. Mike n’a que 21 ans.
Il est entourné quand on lui annonce la nouvelle. Il arrive trop tard à son chevet. La culpabilité le ronge. Désormais, à chaque concert, il ouvrira son récital en chantant When the rabai Dances. La chanson préférée de son père. Un hommage, une prière, un rituel obsessionnel pour conjurer la douleur. C’est aussi autour de cette période que Mochet découvre la vérité sur sa mère.
Il a environ 20 ans. Brogna est hospitalisé pour dépression. Mike va la voir et là, par hasard, il entend une infirmière parler d’Auschwitz. Il interroge sa mère. Pour la première fois, Bronia parle. Elle raconte les sélections, les chambres à gaz, la faim, le froid, les couss. Elle raconte comment son père a été abattu, comment sa mère est morte de faim dans ses bras, comment elle a survécu en pesant 35 kg à la libération.
Mike sort de l’hôpital en état de choc. Il vomit dans la rue. Cette nuit-là, il ne dort pas. Les images tournent dans sa tête. Sa mère squelette vivant dans les baraquements, son grand-père fusillé, sa grand-mère morte de faim et lui Moché Bran, fils de rescapé, porteur de ce trauma ancestral. À 15 ans, il avait déjà développé un ulcère à l’estomac.
Le médecin avait parlé de stress. Maintenant, il comprend. C’est l’héritage d’Auschwitz, le syndrome de la deuxième génération. Les enfants de Déporté portent dans leur chair la douleur de leurs parents. Mais en la mort de son père, une porte s’ouvre. Mike intègre le Lacat Carmon, la troupe prestigieuse de chanteurs et danseurs israéliens dirigé par le chorégraphe Jonathan Carmon.
Pendant 1 à 2 ans, il parcourt le monde Afrique du Sud, États-Unis. Il chante des aerts du folklore israélien. Il découvre les grands hôtels, les scènes internationales, les applaudissements. Sa voix fascine, mais Mike reste humble, presque effacé. Il manque toujours de confiance en lui. En hiver 1968 après la tournée, il est embauché par le Bakara, le night club réputé de l’hôtel Hilton de Tean en Iran, l’Iran du chat, un pays riche, occidental, ouvert.
Mike chante jusqu’à 150 chansons par Standards américains, italiens, reprise de Dean Martin, Ray Charles, Frank Sinatra. Sa voix couvre toute sa gamme exceptionnelle. Les clients du Hilton sont subjugués. Et puis le 17 mai 1969, tout bascule. Ce soir-là au Bakara, une femme entre dans la salle. Cheveux blonds, regard vif, allure de star.
Sylvie Vartan, l’épouse de Johnny Halliday, l’une des plus grandes chanteuses Yyé de France. Elle est entournée en Iran avec son secrétaire, un jeune homme jovial du nom de Carlos qui rêve lui aussi de devenir chanteur. Il s’installe à une table près de la scène. Mike monte sur scène. Il porte une chemise blanche entrouverte.
Ses cheveux ondulent. Son sourire est mélancolique. Et quand il ouvre la bouche pour chanter Summer Time de Gerschwin, Sylvie se redresse sur sa chaise. Cette voix, ce magnétisme, cette vibration. Elle murmure à Carlos. Tu as entendu ça ? Carlos hoche la tête bouche b à la fin du 7, Sylvie fait signe à Mike de s’approcher. Elle lui sourit.
Vous avez une voix extraordinaire. Vous devriez venir à Paris. Je suis certaine que vous aurez un bel avenir en France. Mike ne parle qu’un peu anglais et pas un mot de français, mais il comprend l’essentiel. Paris, la France, une chance. Sylvie lui donne son numéro de téléphone.
Appelez-moi quand vous serez prêt. Mike sert le papier dans sa main comme un trésor. De mois plus tard, juillet 1969, Mike achète un billet d’avion eran Tel à vive Paris. Il a 22 ans. Il possède quelques économies. Un rêve immense et une peur panique. Il ne parle pas français. Il ne connaît personne. Mais Sylvie lui a promis que si ça ne marche pas, elle lui payera son billet retour.
Il atterrit à Paris sous la pluie. Direction le quartier latin, le seul endroit dont il a entendu parler. Il loue une petite chambre près de l’église Saint-Germain d’prè et là, il essaie d’appeler Sylvie. Personne ne répond. Il rappelle toujours rien. Carlos est injoignable. Les jours passent. Mike traîne dans les rues, mange des pizzas dans une tratoria de la rue des Saint-pères. Essaie de ne pas paniquer.
Mais au bout d’une semaine, il est fauché et désemparé. Il décide de rentrer en Israël à l’aéroport d’Orly. Juste avant d’embarquer, il tente un dernier coup de fil et là, miracle ! Carlos décroche. Il revenait justement de tourner. Mike, désolé, on était en tournée. Où es-tu ? Ne pars pas. Viens dîner chez moi ce soir.
Mike raccroche le cœur battant. Le destin vient de basculer. Carlos l’héberge dans son appartement de la rue Saint-Benoît à Saint-Germain d’prè. Si vous avez déjà pris un risque énorme qui a changé votre vie, si vous avez déjà tout quitté pour poursuivre un rêve, laissez un like. Parce que Mike, à 22 ans, sans parler français, venait de parier toute sa vie sur un coup de téléphone et cette fois le destin lui souriait.
Carlos présente Mike à Eddie Barkley, le roi du disque et surtout il le présente à Jean Renard, compositeur de Johnny Halid et Sylvie Vartan. Renard demande à Mike de chanter quelque chose. Mike interprète Summertime. Jean Renard reste sans voix. Plus tard, il confier en plus de son allure, de sa beauté, ce qui ressortait à travers son sourire clair, c’était un magnétisme de star.
Et puis il avait une telle aisance de voix et surtout une telle vibration qu’il m’a fallu quelques secondes pour me remettre du choc éprouvé. Renard a une chanson dans ses cartons, un titre qu’il a déjà proposé à Dick Rivers, à Johnny Halliday. Tous ont refusé, il la donne à Mike, laisse-moi t’aimer. Mike ne comprend pas les paroles.
Alors, avec l’aide du promoteur Gérard Tournier qui l’accueille dans sa maison et avance les fonds, il réécrit les paroles phonétiquement en hébreu. Il en demande la traduction pour pouvoir les comprendre. Pendant mois, il travaille d’arrache-pied studios avec Jean-Claude Vanier, répétant chaque syllabe, chaque intonation. 260 séances d’enregistrement.
Le titre est interprété pour la première fois en public au festival du MIDEM en janvier 1970. Le festival est diffusé sur toutes les chaînes de télévision et le 31 décembre 1969, le miracle se produit. Guilux invite Mike dans son émission de réveillon à la télévision française. Mike chante “Laisse-moi t’aimer devant des millions de téléspectateurs.
” Monique Lemarcis, figure emblématique de la radio RTL qui apprécie particulièrement le chanteur diffuse le titre plusieurs fois par jour. Le standard explose. Les auditeurs veulent savoir qui est ce chanteur à la voix d’or. Le single sortit le lendemain devient rapidement un énorme succès. En quelques semaines, le 45 tours s’envole à plus de 500000 exemplaires puis dépasse le million.
Il faut enregistrer des versions en allemand et en italien. Mike Brunt devient du jour au lendemain l’une des plus grandes stars de France. Le 28 octobre 1970, il interprète Mais dans la lumière. et remporte le Grand Prix RTL national et international 1970-1971, c’est la folie. Mike Brant est partout à la télévision, à la radio, dans les magazines.
Les jeunes filles hurlent à chaque apparition. Elle se jette sur sa voiture, elle déchire ses vêtements, elle lui coupe des mèches de cheveux avec des ciseaux. Mike est obligé de circuler dans une Mercedes blindée. Le 14 février 1971, il a un accident de voiture à Atignat dans l’un. Son producteur Jean Renard, flair publicitaire aiguisé, transforme l’incident en coup médiatique spectaculaire.
Il ajoute des bandages et des tuyaux sur un Mike Hillar. Les photos sont vendues à France soir et publiées dès le lendemain. La légende d’un traumatisme crânien va perdurer pendant des années. Certains y verront plus tard une explication assez suicide, mais c’était juste un coup de pub. En novembre 1971, Dalida lui propose de faire la première partie de son spectacle à l’Olympia.
Le spectacle de Dalida est prévu pour 63 jours. Mike Louis se produit à partir du 23 novembre pendant 15 jours au cours d’une performance de 40 minutes où il alterne chansons et imitation. Son nom est écrit en tout petit sur l’affiche lumineuse du boulevard des Capucines. Mais quand il chante “Laisse-moi t’aimer”, la salle explose.
Mike reçoit cependant de mauvaises critiques de la part de certains journalistes, ce qui le blesse profondément. Jean Renard d’ailleurs n’était pas d’accord avec ce passage à l’Olympia. Pour lui, c’était trop tôt dans la carrière de Mike. Car entre Dalida et Mike, c’est plus qu’une amitié. C’est une reconnaissance mutuelle. Deux déracinés.
Lui l’Israélien, elle l’égyptienne. Deux voix blessées, deux âmes solitaires. Des rumeurs circulent sur une liaison amoureuse. Rien ne sera jamais confirmé. Mais une chose est certaine, ils se comprennent. Il partage cette même intensité dans l’interprétation et cette même fragilité dans leur vie personnelle.
Ce passage à l’Olympia marque cependant la fin de la collaboration avec Jean Renard. Mike change de producteur et signe avec Charles Tallard. En avril 1972, il sort Kisora, une reprise de Césara de Jimmy Fontana, écrite en 1971 pour le festival de Sanremo. Le titre devient numéro 1 des hit parad et se vend à plus de 800000 exemplaires.
Mike dépasse Claude François dans le référendum annuel du magazine Hit. Il est officiellement le chanteur français numéro 1. Mike fait venir d’Israël son ami Alain Criff qui devient le réalisateur de ces disque. La même année, il compose sa première chanson C’est ma prière sur des paroles de Richard Sef.
Nouveau carton : plus de 800000 ventes, puis viennent. Rien qu’une larme. En 1973, plus de vie mille exemplaires. Tout donné, tout repris, plus de quatre mille exemplaires. Viens ce soir, c’est comme ça que je t’aime. On se retrouve par hasard. Qui pourra te dire en 1974, les tubes s’enchaînent. Mike donne plus de 250 galas par an, parfois trois dans la même soirée.
Il parcourt l’Europe, le Japon, l’Australie. En 5in années de carrière en France, il vend environ quinze millions de disques. Il est riche, il est célèbre, il est adulé, mais il est seul, terriblement seul. Car derrière le sourire de Cowner, derrière les chemises ouvertes et les pantalons pattes d’éléphant, Mike Brant se meur. Si vous pensez que la célébrité et l’argent ne garantissent pas le bonheur, si vous avez déjà ressenti cette solitude au milieu de la foule, abonnez-vous à cette chaîne parce que l’histoire de Mike va vous montrer à
quel point le succès peut devenir une prison dorée. Mike n’arrive pas à fonder une famille. À New York, pendant sa tournée avec le lacat Carmon, il a eu une brève liaison avec Michal Tal, une compatriote israélienne, musicienne. Mais la romance n’a pas duré. Ils ont entretenu la flamme par correspondance, puis Michal a disparu de sa vie.
En octobre 1973, Mike rencontre Guita, une hautesse de l’air d’origine polonaise, canadienne. Enfin, pense-t-il, c’est la bonne. Une polonaise comme sa mère, une femme forte. Passionné, ils s’aiment avec violence. Mais guita découvre rapidement l’envers du décor. Les fans hystériques qui le poursuivent dans la rue, les tournées épuisantes, la jalousie maladive de Mike.
La relation devient tumultueuse, rongée par la jalousie. En 1974, elle le quitte. Mike s’effondre. Lui qui rêvait de fonder une famille, de vivre à la campagne entourée d’enfants et d’animaux, le voilà seul dans son appartement parisien. seul avec sa gloire, seul avec ses démons, collectionnant les aventures sans histoire d’amour véritable, littéralement assailli par des fans en délire qui, durant ces spectacles lui jettent des fleurs, des peluches, des mots d’amour et de la lingerie.
Et puis il y a la guerre. En octobre 1973, la guerre du Kipour éclate. Israël est attaqué par surprise par l’Égypte et la Syrie. Le pays faillit être rayé de la carte. Le frère de Mike, Zvi, se bat sur le front du gol. Mike prend le premier avion. Il chante devant les soldats, visite les blessés dans les hôpitaux.
Il voit des hommes de son âge brûlés, amputés, traumatisé. Il rentre en France hanté par ses images. Il développe une paranoïa. Il commence à craindre la foule, à avoir peur pour sa sécurité. Confronté à la souffrance, il bascule dans l’angoisse et commence à redouter les attroupements. Bernard Leloup, son photographe à titré, confier plus tard.
Il avait dans le travail un caractère de cochon exigeant et méticuleux. En mai lors d’un gal à Boiss Saint-Léger devant quatre mille spectateurs, après la quèe chanson Mike s’arrête, il regarde le public figé puis il quitte la scène comme ça sans un mot. 4000 personnes médusées laissées en plan. Quelques jours plus tard le 11 mai à Cambray, il brise le miroir de sa loge d’un coup de point.
Désormais, il pleure dans les loges avant d’entrer en scène, mais c’est plus que du perfectionnisme, c’est de l’angoisse pure. Et puis vient le cambriolage. En juin 1974, son appartement est visité. On lui vole ses toiles, ses portes bonheurs et surtout ses photographies de famille et les bijoux de sa mère. Mike est anéanti. Ces photos c’étaient ses racines.
Les bijoux de Brogas, c’étaient les seuls souvenirs matériels de sa famille décimé par la choa. Il confie à un ami, “On m’a arraché aussi ma vie” et surtout, il y a le nouveau producteur Simon Wasintr 1974. Mike quitte Charles Tallar pour signer avec Simon Wasrub. Cet homme d’affaires mystérieux possède de grands bureaux sur les Champs-Élysées, une Rolls bleue, des manoirs en Normandie et en Sologne.
Il est l’impressario de Salvador d’ vendeur de ces fameuses montres molles. Il se targue d’avoir découvert Mike Brunt et d’être le producteur préféré de Jacques Martin. Il parle hébreu, ce qui rassure Mike. Il a un côté paternel, charismatique. Mike qui n’est pas un homme d’affaires et qui cherche désespérément une figure paternelle depuis la mort de Fichel se laisse séduire.
Le 1er juin 1974, il signe un contrat avec la société WHP Wentrop International Production. Il ne parle toujours pas très bien français. Il ne lit pas le contrat en entier. Il fait confiance, grosse erreur, wagent TR, malin l’a fait son associé à 50 %. Sur le papier, c’est généreux. Dans les faits, c’est une arnaque.
Plus tard, Wgentrop lui expliquera qu’il ne peut pas le payer parce que WHP, leur société est en déficit. La société est endettée et Went Trop voit Mike comme un tiroir caisse. Mike découvre un autre monde, celui des milliardaires, des yachts, des écuries de course, des haras, des femmes aristocrates.
Mais comment garder les pieds sur terre dans ce milieu coupé des réalités ? Mike s’éloigne de ses amis, de sa famille. Il s’enferme dans une spirale toxique. Wintrob le pousse à multiplier les galas. Plus de 200 par an, trois parfois dans la même soirée. Le rythme est effrainé. Mike est épuisé. Il perd ses cheveux par poignet à cause du stress.
Et puis il y a les royalty, les fameuses royalty qui ne tombent jamais. La carrière internationale promise qui ne se concrétise jamais. Mike commence à comprendre qu’il s’est fait avoir. Il essaie de parler à Wrérobe. Mike s’enfonce dans la dépression. Fin juillet 1974, sur les conseils de Johnny Holiday, il part se reposer à la scène surmer, près de Toulon, chez Wasrop, puis durant l’automne en Suisse à la montagne à Saint-serg, près de Genève.
Mais le repos ne suffit pas. Il est hospitalisé dans une clinique psychiatrique en Suisse. Diagnostic dépression sévère. Et là, le 22 novembre, tout explose. Hôtel de la paix, Genève. 22 novembre 1974, en fin de matinée, Mike est dans sa chambre au 5e étage. Simon Wint est avec lui. Il se dispute violemment.
Mike veut rompre son contrat. Il veut une pause de 3 mois pour se reposer. Wnrub refuse catégoriquement. Tu as des obligations. Tu dois honorer tes contrats. La tension monte. Mike crie, il menace. Je préfère me jeter par la fenêtre plutôt que de continuer avec toi. D’après les confidences que Mike Brant fera plus tard à Dalida et le témoignage du concierge de l’hôtel de la paix, Herman Mitire, Vent, froid comme la glace, s’approche alors de la fenêtre.
Il l’ouvre. Tu veux sauter ? Et bien saute, Mike reste figé une seconde. Puis par bravade, par désespoir, par provocation, il s’approche. Il repère un balcon deux étages plus bas. Il pense pouvoir y atterrir. Il engambe la balustrade, il saute. Si vous pensez que certaines personnes peuvent pousser d’autres au suicide, si cette histoire vous met mal à l’aise parce que vous sentez que quelque chose ne va pas, partagez cette vidéo parce que ce qui va se passer ensuite est encore plus troublant.
Mais il rate le balcon du trè étage. Il dégringole. Une rumeur se répandra selon laquelle son talon se serait coincé dans une rambarde. Freinant la chute. Mike s’écrase finalement sur un balcon du trè étage gisant sur le sol. Traumatisme crânien, double fracture de la jambe. Herman Miter, le concierge de l’hôtel arrive en courant.
Il trouve Mike étendu, conscient mais choqué. Winro descend par l’escalier. Il explique au secours qu’il était sous la douche quand c’est arrivé. Il n’a rien vu, rien entendu. Il maquille la scène pour dégager sa responsabilité. Mike est transporté à l’hôpital. À son arrivée, il délire. Il croit être dans un camp de concentration.
Il crie “Non, pas les barbelés, pas les chambres à gaz.” Les infirmières essaient de le calmer. Mike passe de mois à l’hôpital. Sa mère, Brogna vient le voir. Elle entre dans la chambre, bouleversée. Mon fils, que s’est-il passé ? Mike la regarde, les yeux pleins de larmes. J’ai fait quelque chose de stupide, maman, c’était une connerie.
Mais personne ne porte plainte contre Wgintrob. Personne ne parle. L’affaire est étouffée. Le 2 février 1975, Mike fête son 28e anniversaire dans sa petite chambre d’hôpital à Genève. Sa mère est là, ses deux infirmières, son chirurgien, il partage un gâteau. Mike sourit. On lui annonce une 5ème opération de la jambe gauche. Partiellement atrophié, mais il est de bonne humeur.
Il parle de nouveaux projets. Il veut repartir de bon pied. En mars 1975, il rentre à Paris. Il reprend le travail. Il enregistre 10 lui, une adaptation de feelings de Maurice Albert avec les paroles de Loulou Gasté. C’est un titre qui lui tient à cœur. Il y met toute son âme. Le 24 avril, il se rend au studio et croise Jean Renard, son ancien producteur.
Il discute pendant des heures. Il parle de retravailler ensemble. Tous deux prennent rendez-vous pour le lundi suivant, très heureux d’envisager de nouveaux projets. Mike semble ravi. Il a rendez-vous le lendemain pour acheter un nouvel appartement. Son médecin vient de lui annoncer qu’il ne boîtera pas malgré l’accident de Genève.
Mike jette ses béquilles dans la scène euphorique. Jean Renard déclarera plus tard : “Je ne crois pas à la théorie de la pression qui lui pesait.” Mike n’était pas fragile. On allait enfin récolter le bénéfice de notre boulot à son arrivée en France. La thèse du suicide est belle, mais je n’y crois pas. Le Mike Brant que je connais voulait faire sa carrière avec moi.
Tout semble aller mieux. Mais ce même 24 avril, dans l’après-midi, Mike reçoit un coup de téléphone. Personne ne sait qui a appelé, ni ce qui a été dit. Mais après cet appel, Mike change. Il devient nerveux, agité. Le soir, il se rend chez Jeanne Catchy, une amie confidente qu’il connaît depuis 1972. Il s’était rencontré dans une discothèque de Saint- Tropé.
Mike l’avait fait danser toute la nuit. Depuis, Jeanne est devenue une femme entre mère et amanthe, une confidente que l’on peut réveiller en pleine nuit. Mike passe la nuit chez elle. 6 rues Herlangé 16e arrondissement. Appartement au 6e étage. 25 avril 1975. 11h du matin. Appartement de Jeanne Kati. 6e étage. Mike se réveille. Il a mal dormi, il est tendu.
Jeanne lui prépare un café. Il bavare. Mais Mike semble ailleurs. À un moment, il se lève. Il s’approche de la fenêtre. Il regarde Paris, six étages plus bas. Jeanne lui demande s’il va bien. Il ho la tête. Absent, Jeanne décide de prendre sa douche. Elle laisse Mike seule dans le salon. Elle referme la porte de la salle de bain.
L’eau coule et là, quelque chose se passe. Quelque chose que personne ne saura jamais vraiment. À 11h15, dans l’immeuble d’en face, une voisine entend un cri, un hurlement glacial. Non, le cri de quelqu’un qui ne veut pas mourir. Puis un bruit sourd, terrible. Mike Brand vient de tomber du 6e étage. Jeanne sort de la douche en courant.
Elle se précipite à la fenêtre. Elle voit en bas sur le trottoir un corps disloqué. Elle hurle. Les voisins appellent les secours. L’ambulance arrive. Les ambulanciers reconnaissent Mike. Il le chargent sur un brancard. Son crâne est fracassé. Ses membres pendent mollement. À 11h40 à l’hôpital Ambroise Paris de Boulogne-Billancour.
Les médecins constatent le décès. Mike Brant est mort, 28 ans. Aucune autopsie ne sera pratiquée. La police conclut au suicide. Jeanne Katchi répète aux enquêteurs qu’elle était sous la douche. Elle n’a rien vu, rien entendu. Exactement comme Wetrob à Genève. Mais cette voisine qui a entendu le nom ne sera jamais réellement entendue par l’enquête.
La nouvelle tombe sur les radios à midi. La France est sous le choc. Guilux interrompt son émission pour rendre hommage. Il diffuse dis-lui le nouveau disque qui sort aujourd’hui même. Des milliers de jeunes filles pleurent devant leur postes de télévision. Les standards téléphoniques des radios explosent. Partout, on entend la même phrase répétée en boucle.
Mais pourquoi ? Pourquoi ? La semaine suivante, dis-lui sort dans les bacs et se vendra à plus de 500000 exemplaires portés par le chagrin national. Le lendemain, les journaux titrent. Certains parlent de suicide. D’autres de dépression, d’autres encore évoquent les pressions de la célébrité, le harcèlement des fans, la solitude.
Mais déjà des voix s’élèvent pour dire que quelque chose ne colle pas. Le 7 mai 1975, Mike Brant est enterré au cimetière Hof à Carmel dans le quartier de Ne David à l’ouest de Haïfa. La tombe est près de la mer qu’il aimait tant. Sur la stelle blanche, une inscription simple Mike Brand.
réunissant son nom de scène et son nom de famille, et au-dessus un arbre coupé, le symbole d’une vie foudroyée en pleine jeunesse. Quatre personnes du monde du spectacle assistent au funéraill. Simon Wintro et son épouse France, le parolier Michel Jourdan et Alain Criff, le secrétaire et ami de Mike. Brogna, la mère est effondrée.
Après la cérémonie, elle a une violente dispute en idich avec Wintrob. On les entend crier. Personne ne sait exactement ce qui se dit mais Brogna l’accuse. Elle le pointe du doigt, elle hurle. Peu après, elle est victime d’un second infarctus. En 1983, Bna Rosenberg meurt officiellement d’un infarctus. Mais ceux qui la connaissent savent la vérité.
Elle est morte de chagrin. Elle est enterrée près de son fils à Aïfa. Non loin d’eux, repose également Phichel Brand. Mais l’histoire ne s’arrête pas là car autour de Mike, les morts s’enchaînent comme une malédiction. Le 26 janvier 1978, soit 3 ans après la mort de Mike, Simon Wintro est retrouvé mort dans le bois de Boulogne dans sa voiture.
Une balle dans le cœur, une autre dans la nuque. La police conclut au suicide : “Mais comment peut-on se suicider avec deux balles, l’une dans le cœur, l’autre dans la nuque ? L’affaire est classée sans suite. En 1984, Alain Criff, le secrétaire de Mike, se jette sous une rame de métro à Paris. Suicide officiel. Trois morts violentes, trois personnes liées à Mike, trois disparitions non élucidées.
Si cette série de morts suspecte vous donne des frissons, si vous pensez que trop de coïnciden tue la coïncidence, laissez un commentaire avec votre théorie. Suicide, assassinat, trafic d’œuvre d’art, Mossade. Qu’en pensez-vous ? Le journaliste Julien Balestra, spécialiste des affaires non résolu, enquête pendant des années, il recueille des témoignages, il exhume des documents et il arrive à une conclusion glaçante.
Mike Brant a peut-être été assassiné ou tout au moins poussé au suicide. Les théories se multiplient. Certains parlent d’un trafic d’œuvre d’art dans lequel Mike aurait été impliqué malgré lui via Wasrop. D’autres évoquent une histoire d’espionnage avec le Mossade, les services secrets israéliens. D’autres encore parlent d’une querelle financière avec Wintrop qui aurait tourné au drame.
La violente dispute en yidich entre Wentrop et Brogna après les funérailles semblent appuyer cette dernière hypothèse. Mais rien n’est prouvé. Rien ne sera jamais prouvé. Sv Brant, le frère de Mike, a longtemps cherché la vérité. En 2021, dans une interview au point, il confie “Toute ma vie, on m’a demandé si Mike avait été assassiné ou s’il s’était donné la mort.
Je pense sincèrement qu’il s’est suicidé. Personne ne sait réellement ce qui s’est passé dans l’appartement où Mike était la nuit de sa mort.” Mais Svi ajoute une phrase troublante. “Jan Khim’ a fait d’étranges confidences sur les circonstances de son décès. Que lui a-t-elle dit ? On ne le saura jamais.” Jeanne Cashi n’a plus jamais parlé publiquement.
Yona Brant, la nièce de Mike et présidente de son fan club déclare simplement : “Sa mort restera un éternel mystère”. Aujourd’hui encore 50 ans après sa mort, Mike Brant reste une énigme, une légende, une blessure ouverte dans la mémoire collective française. Depuis 1975, les compilations de ces succès se vendent à une moyenne de 200000 exemplaires par an.
En 2014, Amori Vassili rend hommage à ses chansons avec l’album Amori Vassili chant Mike Brunt qui atteint la 8e place des ventes en France. Ces mélodies ont été semplées par des artistes comme Dr. Dre, Rzea du Wutong Clan ou Havoc de Mob Deep. Sa chanson mais dans la lumière a inspiré le titre Crack a bottle 2009 avec Eminem et 50 Cent.
un groowner israélien des années 70 devenu une référence du hip hop américain. Étrange et magnifique héritage. En 2018, une place Mike Brant est inaugurée à Paris près de son dernier domicile du 67 avenu George Mandel dans le 16e arrondissement. En août 2020, la municipalité de Haifa donne son nom à une rue sur la promenade Batgalim dans le quartier de Kiriatzer où il a passé sa jeunesse en septembre 2010.
Mike Brown laisse-nous aimer une comédie musicale de Gady Inbar sur la vie du chanteur mise en scène par Thomas Ledouc est créé au théâtre comédia à Paris et est nommé au Molière 2011 dans la catégorie meilleur spectacle musical. En janvier 2017 a lieu au palais des sports la première de It Parade, comédie musicale rendant hommage au titre de Claude François, Dalida, Mike Brant et Sachaistel.
Les quatre artistes apparaissent en hologramme. Son fan club présidé par sa nièe Jona Brent compte aujourd’hui 220000 membres à travers le monde. Chaque année, ils se réunissent pour des soirées à sa mémoire. Il chantent “Laisse-moi t’aimer”. Il pleurent encore car Mike Brant n’était pas qu’un chanteur. C’était un symbole. Le symbole d’une génération blessée.
Le symbole des enfants de la choa porteur d’un trauma qu’ils n’ont pas vécu mais qui les habitent. Le symbole de ces artistes déracinés qui ont tout donné à un public qui les a dévoré. Michel Jourdin, son parolier, a écrit dans son livre, il n’a pas eu le temps à cause de l’holocauste subi par leurs parents, les enfants de déporté restent marqués à vie.
Car même s’il a affaire en Suisse au plus grand psychiatre, aucun d’eux ne pourra comprendre ses souffrances. Ce sont celles d’un enfant né de parents ayant survécu à l’holocauste. François Chaumon, réalisateur du documentaire Mike Brunt, l’étoile filante confie il devait prendre des médicaments mais ne le faisait pas.
On parle du syndrome de la 2e génération. Beaucoup d’enfants de rescapés de la choa portent en eux les stigmates de la douleur de leurs ancêtres. Les états dépressifs paranoïques et schizophrènes pour ses enfants n’étaient pas rares. Ça peut aussi expliquer le geste fatal qu’il a commis. Mike Brant a eu le sentiment d’être trahi seul.

Fabien Lecvre, spécialiste de la chanson française, a déclaré : “La vraie vie de Mike Brant était restée en Israël. Il n’a jamais vraiment quitté Aïfa. Il n’a jamais vraiment quitté sa mère. Il n’a jamais vraiment quitté Auschwitz. Et peut-être est cela le vrai drame. Mike Brunt a voulu fuir. Fuir Israël, fuir la pauvreté, fuir l’ombre de la choa.
Il a cru que la France, la gloire, l’amour du public pourrait le sauver. Mais on ne fuit pas ces démons, on les porte toujours. Le 24 avril 1975, la veille de sa mort, Mike a jeté ses béquilles dans la scène. Un geste de libération, un geste d’espoir. Il pensait pouvoir marcher à nouveau sans entrave. Il pensait pouvoir recommencer.
Il avait des projets. Il voulait retravailler avec Jean-ren allait acheter un nouvel appartement. Il était heureux. Mais le lendemain matin à 11h15, Mike Brant est tombé pour la dernière fois. Et en tombant, il a emporté avec lui tous ses secrets, tous ses rêves, toutes ses blessures. Il reste ce cri. Non, un mot, une syllabe.
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