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La double vie tourmentée de MIKE BRANT était bien plus sombre qu’on ne l’imaginait

25 avril 1975 11h15 du matin. 6 rues 16e arrondissement de Paris. Une ambulance fonce vers l’hôpital Ambroise Paris. Sirène hurlante. À l’intérieur un homme de 28 ans agonise. Son crâne est fracassé. Ses membres disloqués. Les ambulanciers murmurent entre eux la voix tremblante. Ils ont reconnu ce visage qui faisait hurler des milliers de jeunes filles à travers toute la France.

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Mike Brant, l’idole, le cowner à la voix d’or, l’homme qui vendait un million de disques par an, l’homme qui il y a quelques minutes à peine est tombé du 6e étage. À 11h40, les médecins de l’hôpital Ambroise Paris constatent le décès. Dans 25 minutes, la France entière va apprendre la nouvelle. Guyux interrompra son émission télé pour rendre hommage.

Des milliers de fans vont sangloter devant leur poste. Les radios vont jouer diluit en boucle. Cette chanson qui sort aujourd’hui même dans les bacs. Une chanson qui se vendra à plus de 500000 exemplaires portés par le chagrin collectif. Mais personne ne sait encore. Personne ne sait que c’est fini.

Personne ne sait que la voix la plus bouleversante de sa génération vient de se taire pour toujours. Dans l’appartement du six rue Herlanger, la police interroge Jeanne Catchi, une amie chez qui Mike a passé la nuit. Elle répète aux enquêteurs, les mains tremblantes, elle était sous la douche, elle n’a rien vu, elle n’a rien entendu. Mais dans l’immeuble d’en face, une voisine s’approche des policiers.

Le visage vide. Elle elle a entendu elle a entendu un cri. Un seul. Un hurlement glacial qu’elle décrira plus tard comme le cri de quelqu’un qui ne veut pas mourir. Non, un mot, une syllabe, le dernier son a produit cette voix qui faisait vibrer l’Olympia. Mais comment en est-on arrivé là ? Comment ce petit garçon né dans un camp de réfugiés à Chypre, ce fils de rescapé d’Auschwitz, cet enfant qui ne parlait pas avant l’âge de 5 ans, est-il devenu l’une des plus grandes stars de France pour finir briser sur le trottoir d’une rue

parisienne un matin de printemps ? Pour comprendre, il faut remonter 28 ans en arrière. Il faut retourner dans ce camp de détention britannique derrière les barbelés là où tout a commencé, là où Brogna Rosenberg et Fel Brand, deux juifs polonais miraculés de l’enfer, vont donner naissance à un enfant dans la nuit du 1er au 2 février 1947.

Un enfant qu’ils appelleront Moché 1945, camp de réfugiés de Ping, Bavière. Brgna Rosenberg peut à peine tenir debout. Elle a 22 ans mais son corps et son âme portent les stigmates d’Auschwitz. Toute sa famille a été exterminée. Son père abattu sous ses yeux, sa mère morte de faim dans ses bras.

Elle-même a survécu par miracle. 4 jours après la libération du campée russe, elle arrive au centre d’accueil des déportés squelettique. Le regard vide. Un soir, lors d’une distribution de soupe, elle trébuche. Un homme s’approche. Fichel Brand, 42 ans, le visage marqué par la guerre. Ancien Makisar, résistant polonais originaire de Biugorage qui a combattu au côté de l’armée russe. Leur regard se croise.

Deux miraculés, deux survivants. Brogna lui sourit faiblement. Ce sourire dans ce monde de cendre frappe Fichel en plein cœur. Il est son aîné de 20 ans, mais peu importe. 4 semaines plus tard, ils se marient. Leur rêve est simple. Rejoindre la Palestine. Recommencer. Oublié. En septembre 1947, ils embarquent sur un navire de l’Aliabète.

C’estes bateaux de l’espoir qui transporte les Juifs vers la terre promise. Le navire prévu pour 40 passagers en contient 200. Tous rêvent de recommencer. Mais les Britanniques qui contrôlent la Palestine mandataire interceptent le bateau en mer. Quota d’immigration stricte, ils sont déroutés vers Chypre, direction le camp de Famouuste.

Des baraquements, des barbelés encore toujours. Bnace, elle va accoucher derrière des barbelés comme à Aushwitz. Le trauma se répète dans la nuit du 1er au 2 février 1947, dans un hôpital de fortune du camp, Bronia hurle. Les douleurs de l’enfantement se mêeltent au souvenir des souffrances passées. Fichel lui tient la main. À cinque heures du matin, un garçon naît quatre kilos et demi, cheveux noirs, yeux bleus.

Il l’appelle Moché Michaell Brand. Un miracle dans un camp, une vie qui jaillit là où règne encore l’ombre de la mort. 8 mois plus tard, en septembre 1947, la famille Brand obtient enfin son visa. Il débarquent à Aifa quelques mois avant la création officielle de l’État d’Israël, le 14 mai 1948. Direction le kibuts gvat en Galilée.

Fichel et Brogia élèvent des poulets, travaillant la terre. Le petit mocher peut gambader, se gaver de fruits et d’œufs, découvrir la nature. Mais très vite, ses parents s’inquiètent. L’enfant ne marche qu’à 19 mois et surtout, il ne parle pas. Il sait rire, c’est tout. Mais aucun mot sort de sa bouche. Un an et demi plus tard, la famille déménage à Aifa, neuf rues Kibuts, Galouyo.

Fichel travaille à la mairie du port. Mochet grandit mais reste muet. Deux ans, trois ans, toujours pas un mot. Les parents vendent une partie de leur mobilier pour consulter des spécialistes aux États-Unis. Le diagnostic tombe comme un cou prêt. Ils ne peuvent rien garantir. Moché parlera peut-être un jour ou peut-être jamais.

Bna accroche une pancarte autour du coup de son fils, prièrent de le ramener s’il se perd à l’adresse suivante. Le petit garçon dessine. C’est son seul moyen de communication. Les autres enfants jouent, crient, se chamaillent. Lui, il dessine en silence. L’ombre d’Auschwitz plane sur cette famille. Bna fait des dépressions à répétition.

Les cauchemars la réveillent en pleine nuit, mais elle ne parle jamais des camps devant ses enfants. Jamais. Le silence règne. Un silence pesant, toxique, qui s’infiltre partout. Et puis, un jour de l’été 1952, le miracle se produit. Moché à 5 ans, un marchand ambulant passe dans la rue avec sa charrette de glace.

Le petit garçon s’approche et soudain il ouvre la bouche. Un mot sort, un seul. Ker glace en hébreu, le premier mot de sa vie. Fichel et Brogna s’agenouillent, les larmes aux yeux. Ils remercient le ciel. Leur fils parle enfin. C’est un miracle. Dès lors, Moché ne s’arrête plus de parler, de chanter, de gazouiller. Si vous avez déjà ressenti ce mélange de soulagement et d’espoir après avoir surmonté une épreuve qui semblait insurmontable, laissez un commentaire.

Parce que pour Brogna et Fichel, ce premier mot de leur fils, c’était bien plus qu’un simple progrès. C’était la preuve qu’on peut renaître même après l’enfer. À hu ans, Moosé entre dans la chorale de la synagogue du quartier. Sa voix est déjà exceptionnelle, pure, bouleversante. Le rabin le félicite après chaque office.

Il imite les crowners américains qu’il entend à la radio. Dean Martin, Bing Crosby, Frank Sinatra. Mais à l’école, c’est une catastrophe. Moché est turbulent, rêveur, imperméable aux leçons. Il préfère le dessin et la musique aux mathématiques. À 11 ans, il est le seul garçon dans la chorale de son école. À 12 ans, il quitte définitivement le lycée. Peu lui importe.

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