Posted in

Serge Gainsbourg — Le Destin Tragique de ses 3 Enfants: Nés dans le Scandale

Serge Ginsbourg n’a pas seulement détruit sa propre vie, il a aussi détruit celle de ses enfants et il l’a fait devant tout le monde. On dit que les génies pètent un prix mais on parle rarement de ceux qui paient ce prix avec eux sans l’avoir choisi. Trois enfants, trois mères différentes, trois enfances marquées par le scandale, l’absence et une célébrité qu’aucun d’eux n’avait demandé.

"
"

J’ai passé des semaines Sneusen à éplucher des déclarations, des interviews, des documents biographiques et des témoignages de personnes proches de cette famille pour te raconter ce qu’on raconte rarement ensemble. Pas la légende de Ginsbourg, mais ce que cette légende a coûté à ceux qui l’ont aimé sans condition. Ce qui était en jeu était énorme.

Une fille de tr ans devant une caméra, un fils qui a grandi sans père avant même que son père ne meure et une autre fille que le monde a pratiquement oublié. Tout le monde sait que Ginsbourg était un génie provocateur, qu’il a scandalisé la France, qu’il a repoussé toutes les limites. Mais il y a une question que presque personne ne se pose.

Que s’est-il passé de l’autre côté de cette porte quand les caméras s’éteignaient ? Son vrai nom n’était pas Ginsbourg, c’était Lucien Ginsbourg. Et avant d’être l’homme le plus scandaleux de France, il était un enfant juif qui avait appris à avoir peur. Il est né le 2 avril 1928 dans le 20e arrondissement de Paris, fils de Joseph et Olga Ginsbourg.

Des immigrants ukrainiens qui avaient fui la révolution bolchévique à la recherche d’une vie qui ne les persécuterait pas. Son père jouait du piano dans des cabarets et des barres pour payer les factures. On dit que cette image, celle d’un homme brillant, coincé dans des salles de deuxième catégorie, jouant pour des gens qui l’écoutaient à peine, s’est gravé dans l’esprit de Lucien d’une manière dont il ne s’est jamais vraiment débarrassé.

Comme si dès l’enfance, il avait décidé qu’il ne finirait pas comme ça, que s’il jouait un jour pour quelqu’un, cette personne le regarderait. Mais avant qu’il puisse penser aux scèes, la guerre est arrivée quand les nazis ont occupé la France en 1940. Lucien avait 12 ans. Sa famille juive était devenue une cible.

Selon les témoignages de ceux qui connaissaient son histoire de près, sa mère lui a cousu une étoile jaune sur ses vêtements. Il dirait lui-même des années plus tard avec ce cyisme qui le caractériserait toute sa vie, qu’il la portait comme si c’était une étoile de shériff. Mais derrière la plaisanterie se cachait quelque chose qu’aucune blague ne pouvait vraiment recouvrir.

Il y eut des périodes où sa famille dû fuir Paris se cacher dans les forêts de la région pendant que les Sess ratissaient les villages à la recherche de juifs. Ce n’était pas une métaphore littéraire, c’était son enfance réelle. On dit que cette expérience, celle de devoir se cacher pour survivre, d’apprendre dès l’enfance que le simple fait d’exister pouvait devenir dangereux à tout moment, a laissé en Lucien une blessure qu’aucune quantité de provocation publique n’a réussi à refermer complètement. Les biographes

qui ont étudié sa psychologie le plus en profondeur soutiennent qu’une grande partie de son besoin compulsif d’être vu, de ne jamais passer inaperçu. Trouver ses racines directes dans ces années où survivre dépendait exactement du contraire. Être invisible. La guerre terminée, Lucien tenta de se construire une identité propre.

Il étudia à l’école des beauxarts de Paris. Il rêvait d’être le prochain Francis Bacon. Il fut l’élève de Fernand Léger. l’un des grands maîtres du cubisme. Il passait des heures devant sa toile en essayant de faire dire à ses peintures ce que les mots ne pouvait pas exprimer, mais les mathématiques économiques l’ont vaincu. Les tableaux ne se vendaient pas, l’argent ne venait pas et la seule issue qu’il trouva fut de revenir là où il finissait toujours par revenir au piano hérité de son père et de s’asseoir pour jouer dans les mêmes cabarets, les mêmes

barres de seconde zone, les mêmes scènes qu’il avait juré de ne jamais occuper. Il était timide jusqu’à l’inconfort. Il était insécurisé d’une façon qui, selon ceux qui le fréquentaient à cette époque était presque douloureuse à observer et il était convaincu, avec une certitude qui n’admettait aucun débat, que son visage, avec ses grandes oreilles, son nez proéminent, ses traits qu’il qualifiait lui-même de lait, le condamnerait pour toujours à l’invisibilité, à jouer pour personne, à mourir en étant Lucien Ginsbourg au lieu

de devenir autre chose. Puis il rencontra Boris Vian, écrivain, trompettiste, provocateur né, un homme qui avait décidé avec une clarté qui frôlait le philosophique, que le scandale était une forme d’art parfaitement légitime, que déranger était un outil aussi valable que n’importe quelle technique classique, que si le monde ne te regardait pas, le problème n’était peut-être pas ton visage, mais ton attitude.

Et quelque chose dans cette rencontre changea Lucien d’une façon que selon les biographes, il neut pas mesurer sur le moment si Viande pouvait écrire ses propres mots et les chanter avec à plomb. Pourquoi pas lui ? Si le scandale ouvrait des portes que le talent conventionnel laissait fermer, pourquoi ne pas l’utiliser ? La réponse mit quelques années à se matérialiser, mais quand elle le fit, ce fut de façon définitive.

En 1958, sous le nom de Serge Ginsbourg, il publia son premier album. La critique spécialisée le remarqua. Le grand public, pas encore, mais quelque chose avait changé en lui qui allait bien au-delà d’un nom d’artiste. Lucien Ginsburg avait pris une décision qui définirait chacune des années suivantes. Si le talent seul ne suffisait pas pour qu’on le voit, le scandale ferait le reste et il avait raison.

Tout au long des années 60, il construisit sa légende de façon méthodique, presque calculée. Il composa pour Juliette Greco des chansons qu’elle reconnaîtrait elle-même comme les meilleurs de son répertoire. Il séduisit Brigitte Bardau, la femme la plus célèbre de France et enregistra avec elle des chansons qui scandalisèrent la moitié du continent.

En 1969, il publia Je t’aime, moi non plus avec Jane Birkin, une chanson qui simulait un orgasme féminin avec une crudité que l’époque n’était pas prête à gérer. Le Vatican la condamna publiquement. Elle fut interdite en Espagne, au Royaume-Uni, dans plusieurs pays d’Amérique latine. Elle atteignit la première place des chartes en Grande-Bretagne.

Ginsbourg ne recula pas. Il sourit. Il enregistra un album entier qui se moquait des nazis. Il fit une version réglée de la Marseillaise et reçut des menaces de mort de vétérans de guerre qui l’attendaiit à la sortie du concert. Au lieu d’annuler, il monta sur scène, il se planta devant ceux qui le menaçaient et ceux qui étaient venus pour le lycher finirent, selon les chroniques de l’époque par l’applaudir.

On dit que Ginsbourg ne provoquait pas pour le simple plaisir de provoquer, que derrière chaque scandale se cachait quelque chose de plus profond. Le besoin de prouver au monde et peut-être aussi à lui-même que le garçon qui avait dû se cacher pour survivre ne se cachait plus devant personne, que Lucien Ginsbourg, le gamin lait du 20e arrondissement, pouvait se planter au centre de la France et obliger tout le pays à le regarder.

Mais à la fin des années 70, quelque chose commença à changer de façon visible. L’homme appelé Ginsbourg commença à se dissoudre lentement vers l’intérieur et à sa place apparut quelqu’un d’autre sans rasage. Le verre toujours plein avant même que les caméras s’allument. Prêt prêt à dire à la télévision ce qu’aucun homme saint d’esprit ne dirait devant des millions de personnes. On l’appelait Ginsb.

Read More