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Après avoir divorcé de sa femme, Philippe Candeloro brise son silence et avoue son nouvel amour

Le sport de haut niveau et la télévision partagent une même cruauté sous-jacente : ils adorent les sourires flamboyants, les costumes à paillettes et les postures héroïques, mais ils se détournent rapidement lorsque les lumières s’éteignent et que les masques tombent. Pendant des décennies, Philippe Candeloro a incarné pour le public français l’audace absolue, la joie de vivre et une irrévérence rafraîchissante sur la glace. Double médaillé de bronze olympique (Lillehammer in 1994, Nagano in 1998), il a révolutionné le patinage artistique en troquant la rigidité classique contre la fougue de personnages légendaires comme Rocky, Conan le Barbare ou d’Artagnan. Pourtant, derrière l’excentricité de façade et le bagout médiatique se cache aujourd’hui la trajectoire d’un homme profondément éprouvé par les drames de l’existence, hanté par la culpabilité du survivant et blessé par l’ingratitude du milieu qui l’a vu grandir.

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Pour comprendre la blessure psychologique incurable qui pèse sur le cœur de Philippe Candeloro, il faut remonter au 9 mars 2015. Ce jour-là, la petite commune de Villa Castelli, en Argentine, devient le théâtre de l’une des plus grandes tragédies de l’histoire de la télévision française. Sur le tournage de l’émission de télé-réalité d’aventure Dropped, produite pour TF1, deux hélicoptères se percutent en plein vol. Le bilan est lourd, terrifiant, implacable : dix morts. Parmi les victimes figurent trois icônes du sport français : la navigatrice Florence Arthaud, la championne olympique de natation Camille Muffat et le boxeur Alexis Vastine.

Philippe Candeloro fait partie du casting de l’émission. Il aurait dû se trouver dans l’un de ces appareils. Un simple concours de circonstances — un hélicoptère déjà complet qui l’oblige à attendre le vol suivant — lui sauve la vie. Mais la survie physique ne garantit pas la paix de l’esprit. Au lieu d’apporter de la joie, ce miracle logistique se transforme en un fardeau psychologique dévastateur. Candeloro est immédiatement frappé par le « syndrome du survivant ». Une question lancinante le hante depuis lors, jour après jour, nuit après nuit : pourquoi eux, ses amis et collègues athlètes, sont-ils morts alors que lui a été épargné ? Cette culpabilité sourde l’amène à verser des larmes amères en silence, loin des caméras, s’efforçant de maintenir en public l’image de l’homme fort et jovial que la France adore.

Ce traumatisme n’a pas épargné son cercle intime. Son épouse, Olivia d’Armont, avec qui il a construit une vie de famille solide entouré de leurs trois filles (Talia, Soleya et Maya), porte elle aussi les stigmates de ce drame. Le choc de savoir que son mari a frôlé la mort d’une poignée de secondes a laissé chez elle une anxiété chronique. Le simple bruit d’un rotor d’hélicoptère suffit encore aujourd’hui à la faire trembler, ravivant instantanément la terreur d’un après-midi de mars où son monde a bien failli s’effondrer.

Comme si les cicatrices invisibles de l’Argentine ne suffisaient pas, le destin a porté un autre coup dur à l’ancien patineur, cette fois sur le terrain professionnel. Après avoir pris sa retraite de la glace de compétition, Candeloro avait trouvé une seconde vie, un second souffle, sur le service public. Aux côtés du légendaire Nelson Monfort, il a formé pendant plus de vingt ans le duo de commentateurs le plus célèbre et le plus clivant du patinage artistique sur France Télévisions. Leur complicité, teintée d’humour parfois grivois et d’un enthousiasme débordant, a rythmé les hivers de millions de téléspectateurs.

En 2024, le couperet est tombé de manière inattendue. La direction de France Télévisions fait le choix de renouveler ses antennes et remplace le duo par l’ancienne patineuse Nathalie Péchala. Pour Philippe Candeloro, cette mise à l’écart n’est pas seulement un changement de planning ou une fin de contrat ordinaire ; c’est un désaveu cruel, le sentiment violent d’être jeté aux oubliettes de l’histoire télévisuelle. Le rôle de commentateur était son cordon ombilical avec le sport qui a défini toute son existence depuis l’âge de 7 ans, lorsqu’il débutait modestement sur la patinoire de Colombes sous la direction de l’entraîneur André Brunet. Se voir retirer ce micro, c’est accepter l’idée insupportable que sa contribution n’est plus estimée, que sa voix est devenue superflue. Face aux médias, il a tenté d’afficher une résignation digne, déclarant qu’il fallait accepter les règles du jeu, mais en privé, la déception et le sentiment d’ingratitude l’ont profondément meurtri.

Le parcours de Philippe Candeloro rappelle à quel point les fondations d’un champion sont souvent forgées dans la résilience. Fils cadet d’un maçon d’origine italienne, Luigi Candeloro, rien ne le destinait à un sport aussi coûteux et élitiste que le patinage artistique. C’est à force de sacrifices familiaux et d’une volonté de fer qu’il s’est imposé au plus haut niveau mondial, bousculant les codes d’une discipline souvent jugée trop académique. Ses quatre titres consécutifs de champion de France, ses médailles mondiales et ses podiums olympiques n’ont jamais été des cadeaux du ciel, mais le résultat d’un travail acharné.

Aujourd’hui, l’homme de 54 ans se retrouve à la croisée des chemins, confronté au vide que laisse la fin d’une carrière médiatique et à la persistance de traumatismes passés. Pourtant, c’est dans l’amour indéfectible de sa famille et dans la mémoire de son parcours hors norme qu’il puise la force de ne pas sombrer. L’histoire de Philippe Candeloro n’est pas celle d’une déchéance, mais celle d’une profonde humanité : le portrait d’un d’Artagnan des temps modernes qui, après avoir rangé son épée et ses patins, apprend à accepter ses propres fragilités et à panser ses blessures à l’abri du tumulte du monde.

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