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L’Ombre du Taulier : Les 5 Célébrités que Johnny Hallyday a Détestées Jusqu’à son Dernier Souffle

Le sourire était carnassier, la voix titanesque, et la générosité publique érigée en marque de fabrique. Pour des générations de Français, Johnny Hallyday incarnait l’idole absolue, le grand frère protecteur, le bon vivant capable d’offrir sa montre à un inconnu ou de privatiser un restaurant pour ses musiciens. Mais derrière les projecteurs de stades incandescents et les blousons de cuir frangés se cachait une réalité beaucoup plus sombre et implacable. Johnny Hallyday était un homme de clans, habité par des rancunes tenaces et des haines viscérales qui ne se sont jamais éteintes.

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Dans les coulisses feutrées du showbiz français, le Taulier pouvait se montrer impitoyable. Si sa mémoire reste sacrée, la libération de la parole de ses « anges gardiens » — ses gardes du corps, chauffeurs et producteurs historiques — dessine aujourd’hui le portrait d’un parrain de la musique capable de rayer définitivement un nom de sa vie pour un mot de trop ou une attitude jugée indigne. Cinq célébrités majeures de la culture française ont ainsi croisé le fer avec le King, déclenchant des guerres froides qui ont duré des décennies.

1. Claude François : Le dictateur en paillettes contre l’esprit de meute

Si la rivalité entre Johnny Hallyday et Claude François a longtemps été vendue par la presse des années 70 comme une simple guerre d’audimat et de charts, la réalité était d’une violence inouïe. Johnny éprouvait un dégoût presque physique pour l’interprète d’Alexandrie Alexandra. Ce que le rockeur ne supportait pas, c’était le management par la terreur que Cloclo imposait à ses équipes. Pour Johnny, qui considérait ses musiciens comme ses frères d’armes, les humiliations publiques et la tyrannie de Claude François envers ses danseuses étaient une ligne rouge morale. En privé, Hallyday le qualifiait de « dictateur en paillettes ».

Le point de non-retour a été atteint au début des années 70 dans une boîte de nuit parisienne. Face à face, Johnny lâche à son rival : « Tu n’es qu’un petit chef qui croit impressionner avec ses paillettes ». La réplique de Claude François fuse, cinglante : « Au moins moi, je sais chanter juste ». Il aura fallu que les gardes du corps retiennent physiquement le Taulier pour éviter que la scène ne se transforme en lynchage. Jusqu’à la mort de Cloclo en 1978, et même bien après, Johnny refusera systématiquement de participer au moindre hommage postume, campant sur un mépris éternel.

2. Dick Rivers : La guerre fratricide pour l’authenticité du Rock

Avec Dick Rivers, le conflit prend sa source dans les racines mêmes du rock ‘n’ roll hexagonal au début des années 60. Les deux hommes se disputaient le titre de premier rockeur de France. Mais pour Johnny, Rivers n’était qu’un imposteur, un « faux dur qui joue au rebelle » en costard noir. Cette jalousie professionnelle s’est transformée en un boycott féroce orchestré par Hallyday lui-même. Profitant de son immense pouvoir de veto auprès des producteurs de télévision, le Taulier exigeait soit de ne jamais passer dans les mêmes émissions que Dick Rivers, soit de chanter en dernier pour « remettre les pendules à l’heure ».

L’humiliation suprême a eu lieu lors d’un gala de bienfaisance au milieu des années 70. Après une prestation sobre et habitée de Rivers, Johnny monte sur scène et lance au public : « Maintenant, vous allez voir ce que c’est que du vrai rock ». Une mise à mort artistique que Dick Rivers ne digérera jamais. L’influence de Johnny était telle qu’elle a fini par fermer des portes cruciales à Rivers, les producteurs évitant de travailler avec lui par peur de s’attirer les foudres du Roi.

3. Antoine : Le choc des générations et le “mis en cage” impardonnable

En 1966, un jeune éphèbe provocateur aux cheveux longs bouscule l’ordre établi : Antoine lance ses Élucubrations. Dans ce texte provocateur, il propose de « mettre Johnny Hallyday en cage au cirque Medrano ». La boutade rend le Taulier fou de rage. Pour ce fils du peuple qui s’est construit à la sueur de son front, Antoine n’est qu’un « petit bourgeois parisien », un fils de riche s’achetant une conscience révolutionnaire.

La contre-attaque se fera en musique avec le titre culte Cheveux longs et idées courtes, un missile scud destiné à détruire la crédibilité d’Antoine. Pendant des mois, la guerre des tranchées s’installe à coup d’interviews assassines. Sur un plateau de télévision, l’atmosphère est tellement électrique que les techniciens doivent séparer physiquement les deux équipes dans les coulisses. Même lorsque Antoine a délaissé la chanson pour les voyages des décennies plus tard, Johnny est resté inflexible : l’affront de 1966 ne sera jamais pardonné.

4. Michel Sardou : Le deuil d’une amitié fraternelle trahie

C’est sans doute la rupture la plus douloureuse de la vie du rockeur. Michel Sardou et Johnny Hallyday ont été comme des frères, partageant les excès, les virées nocturnes et les secrets les plus intimes. Pourtant, en 2013, le fil se rompt définitivement dans un fracas mémorable. Dans son autobiographie posthume, Johnny n’hésitera pas à qualifier Sardou de « vieux con au cognac ». De son côté, Sardou évoquera l’obsession maladive de domination de Johnny, résumée par une formule brute : il voulait toujours « pisser plus loin que tout le monde ».

Le point de rupture vient d’une plaisanterie de Sardou sur scène concernant l’âge de Johnny et ses enfants, perçue par le Taulier comme une trahison publique et une humiliation gratuite. Dès lors, une implacable guerre froide s’installe. Les deux monstres sacrés s’évitent activement lors des soirées mondaines : quand l’un entrait par une porte, l’autre fuyait par les coulisses. Cette rupture hantera Johnny jusqu’à son dernier souffle, sa fierté l’empêchant de faire le premier pas vers celui qui avait été son plus proche confident.

5. Jean-Jacques Goldman : L’énigme du silence radio

C’est le mystère le plus épais de la fin du XXe siècle musical français. Dans les années 90, Jean-Jacques Goldman offre à Johnny Hallyday une véritable renaissance artistique en lui écrivant l’album de tous les records, Lorada, et des tubes immortels. L’alchimie est parfaite, le succès colossal. Puis, du jour au lendemain : le néant. Un silence de mort qui durera plus de dix ans.

Selon les proches du Taulier, Johnny s’est mis à éprouver un agacement profond envers le côté « donneur de leçons » et les grands principes moraux de Goldman sur l’industrie musicale. Le point final aurait été une violente altercation en studio d’enregistrement. Goldman aurait critiqué ouvertement certains choix et goûts musicaux de Hallyday. Pour un homme habitué à être déifié par son entourage, cette leçon de morale venant de son compositeur fut insupportable. Trop fiers, trop géants, les deux hommes ne s’adresseront plus jamais la parole, privant la chanson française d’un duo historique.

La charte morale du Roi

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